thAu milieu des nineties, après avoir surfé sur la vague des thrillers sulfureux ("Basic Instinct" en 92, "Sliver" en 93), Sharon Stone se spécialise dans les rôles "remake". Avant "Diabolique" en 1996 (remake du classique de Clouzot "Les diaboliques" avec Simone Signoret), elle tourne aux côtés de Richard Gere dans "Intersection", le remake du film de Sautet "Les choses de la vie", avec Romy Schneider et Michel Piccoli.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'"Intersection" est une relecture intelligente de l'originel. Si les moments clés des "Choses de la vie" sont bien présents, l'ambiguïté des rapports du héros avec "ses" deux femmes est mieux montrée, plus explicite, et j'ai eu moins de mal à le comprendre que celui incarné par Piccoli (la dispute qu'il a avec Romy m'avait paru trop "prétexte"). Et si Richard Gere frôle parfois le surjeu, il n'en est pas moins touchant, tourmenté entre une Sharon Stone toute en retenue et très juste et une Lolita Davidovitch (que je ne connaissais pas) très craquante.
Pourtant, Sautet avait ciselé un montage plus réussi, avec des flashbacks plus syncopés, assez focalisé sur l'accident. Et sur ce thème, il reste une référence, en dépit de son côté désuet sur de nombreux aspects (sécurité routière, opératrice téléphonique...). L'accident est moins omniprésent dans la version US (il est concentré sur la fin du film). Et si Gere n'est pas éjecté de son véhicule (ceinture de sécurité oblige), contrairement à Piccoli (pas de ceinture obligatoire en 69), la Mercedes SL de la fin des années 60 permet de conserver l'éclatement du pare-brise (non feuilleté) afin de rendre l'accident tout aussi tragique.

IntersectionEn dépit d'un rythme narratif un brin plus lent, le pouvoir émotionnel du remake est intact, sublimé par la direction d'acteurs et la qualité photo. Il ne trahit en rien l'original.
Par contre, je ne comprends pas pourquoi la jaquette du DVD stipule qu'il est soumis à accord parental alors que de nombreux films violents sont estampillés tout public (même ceux qui sont pourtant interdits aux moins de 12 ans juste avant le lancement du générique - c'est même commercialement mensonger). Ici, il n'y a pourtant dans ce film rien qui puisse traumatiser outre mesure qui que ce soit. Franchement, de qui se moque le CSA. Et surtout, à quoi sert-il ?